Préparation de l’échiquier du « choc des civilisations » : Diviser, conquérir et régner au Moyen-Orient

29/08/2012
par Mahdi Darius Nazemroaya
Mondialisation.ca, Le 13 decembre 2011
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L’expression « printemps arabe » est un slogan concocté dans des bureaux lointains à Washington, Londres, Paris et Bruxelles par des individus et des groupes qui, en plus d’avoir une connaissance superficielle de la région, en savent très peu sur les Arabes. Ce qui se déroule au sein des populations arabes est un enchaînement normal d’événements. L’insurrection comme l’opportunisme en font partie. Là où il ya une révolution, il y a toujours une contre-révolution.

Les bouleversements dans le monde arabe ne constituent pas davantage un « éveil arabe ». Une telle formule implique que les Arabes étaient endormis alors qu’ils étaient entourés par la dictature et l’injustice. Le monde arabe, qui fait partie de l’ensemble plus vaste composé par les Arabes, le Turcs et les Iraniens, a en réalité connu de fréquentes révoltes réprimées par les dictateurs arabes en coordination avec des pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. C’est l’interférence de ces puissances qui a constamment agi comme contrepoids à la démocratie et elle continuera à le faire.

Diviser et régner : comment le premier printemps arabe a été manipulé

Les plans de reconfiguration du Moyen-Orient ont commencé plusieurs années avant la Première Guerre mondiale. C’est au cours de cette guerre cependant que les desseins coloniaux ont clairement commencé à se manifester avec la « grande révolte arabe » contre l’empire Ottoman.

En dépit du fait que la Grande-Bretagne, la France et l’Italie étaient des puissances coloniales qui avaient empêché les Arabes de profiter de toute forme de liberté dans des pays comme l’Algérie, Libye, l’Égypte et le Soudan, ces pouvoirs coloniaux ont réussi à se présenter comme les amis et les alliés de la libération arabe.

Durant la « grande révolte arabe », les Britanniques et les Français ont en fait utilisé les Arabes comme fantassins contre les Ottomans pour faire avancer leurs propres plans géopolitiques. Les accords secrets Sykes-Picot entre Londres et Paris représentent un cas typique. La France et la Grande-Bretagne sont simplement arrivés à utiliser et manipuler les Arabes en leur vendant l’idée de la libération arabe de la présumée répression des Ottomans.

En réalité, l’Empire ottoman était multiethnique et accordait une autonomie locale et culturelle à toutes ses populations. Il a toutefois été manipulé et orienté vers une entité turque. Même le génocide arménien qui allait s’ensuivre en Anatolie ottomane doit être analysé dans le même contexte que l’actuel ciblage des chrétiens en Irak, comme faisant partie d’un plan de division confessionnelle lancé par des acteurs externes afin de diviser l’Empire ottoman et ses citoyens, ainsi que l’Anatolie.

Après la chute de l’Empire ottoman, ce sont Londres et Paris qui ont refusé d’accorder la liberté aux Arabes, en semant la discorde au sein de leurs populations. Les leaders arabes locaux corrompus ont également été partenaires du projet et nombreux sont ceux qui n’étaient que trop heureux de devenir des clients de la Grande-Bretagne et de la France. Le « printemps arabe est manipulé dans le même sens aujourd’hui. Les États-Unis, la France et d’autres travaillent maintenant avec l’aide de leaders et de personnalités arabes corrompues afin de restructurer l’Afrique et le monde arabe.

Le plan Yinon : l’ordre à partir du chaos…

Le plan Yinon, qui constitue un prolongement du stratagème britannique au Moyen-Orient, est un plan stratégique israélien visant à assurer la supériorité d’Israël dans la région. Il souligne qu’Israël doit reconfigurer son environnement géopolitique par la balkanisation des États arabes, soit la division de ceux-ci en États plus petits et plus faibles.

Les stratèges israéliens voyaient l’Irak comme l’État arabe représentant leur plus grande menace stratégique. C’est pourquoi l’Irak a été caractérisé comme la pièce maîtresse de la balkanisation du Moyen-Orient et du monde arabe. En Irak, sur la base des concepts du plan Yinon, les stratèges israéliens ont réclamé la division de l’Irak en un État kurde et deux États arabes, l’un shiite, l’autre sunnite. La première étape de ce plan était une guerre entre l’Irak et l’Iran, abordée dans le plan Yinon.

En 2006 et en 2008, les publications de l’armée étasunienne Armed Forces Journal et The Atlantic ont respectivement publié des cartes ayant circulé abondamment et lesquelles suivaient de près les grandes lignes du plan Yinon. Outre la division de l’Irak, également recommandée par le plan Biden, le plan Yinon appelle à la division du Liban, de l’Égypte et de la Syrie. La partition de l’Iran, de la Turquie, de la Somalie et du Pakistan fait également partie de cette vision. Le plan Yinon réclame par ailleurs la dissolution de l’Afrique du Nord et prévoit qu’elle débutera en Égypte et débordera au Soudan, en Libye et dans le reste de la région.

Protection du domaine : redéfinition du monde arabe…

Bien que tordu, le plan Yinon est en marche et voit le jour dans « A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm » (Une nette rupture : Une nouvelle stratégie pour protéger le domaine), un document de politique israélienne écrit en 1996 par Richard Perle et le groupe d’étude sur « Une nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » pour Benjamin Netanyahou, le premier ministre d’Israël à l’époque. Perle était alors un ancien secrétaire adjoint au Pentagone pour Ronald Reagan et est devenu par la suite conseiller militaire pour George W. Bush et la Maison-Blanche. Le groupe d’étude comprenait par ailleurs James Colbert (Jewish Institute for National Security Affairs), Charles Fairbanks Jr. (Johns Hopkins University), Douglas Feith (Feith and Zell Associates), Robert Loewenberg (Institute for Advanced Strategic and Political Studies), Jonathan Torop (The Washington Institute for Near East Policy), David Wurmser (Institute for Advanced Strategic and Political Studies) et Meyrav Wurmser (Johns Hopkins University).

Les États-Unis réalisent à bien des égards les objectifs précisés dans le texte de politique israélienne de 1996 visant à protéger le « royaume ». Par ailleurs, le terme realm, « domaine » ou « royaume », sous-entend la mentalité stratégique des auteurs. Realm fait soit référence au territoire sur lequel règne un monarque ou aux territoires soumis à son règne mais gérés et contrôlés par des vassaux. Dans ce contexte, le terme realm, est utilisé pour signifier que le Moyen-Orient constitue le royaume de Tel-Aviv. Le fait que Perle, un homme ayant essentiellement fait carrière comme officiel du Pentagone, ait contribué à écrire le document sur Israël soulève la question de savoir si le souverain conceptualisé du royaume représente Israël, les États-Unis, ou les deux.

Protéger le royaume : L’avant-projet israélien pour déstabiliser Damas

Le document de 1996 demande de « repousser la Syrie », aux environs de l’an 2000 ou après, en poussant les Syriens hors du Liban et en déstabilisant la République arabe syrienne avec l’aide de la Jordanie et de la Turquie. Ces événements se sont respectivement produits en 2005 et en 2011. Le document indique : « Israël peut modeler son environnement stratégique en coopération avec la Turquie et la Jordanie, en affaiblissant, en endiguant et même en repoussant la Syrie. Afin de contrecarrer les ambitions régionales de la Syrie, les efforts pourraient viser à expulser Saddam Hussein du pouvoir, un objectif stratégique en soi important pour Israël [1].

Comme première étape de la création d’un « nouveau Moyen-Orient » dominé par Israël et encerclant la Syrie, le texte demande de chasser Saddam Hussein du pouvoir à Bagdad et fait même allusion à la balkanisation de l’Irak et à la formation d’une alliance stratégique régionale contre Damas qui comporterait un « Irak central » sunnite. Les auteurs écrivent : « Toutefois la Syrie entre dans ce conflit avec de potentielles faiblesses : Damas est trop préoccupé par la nouvelle donne régionale pour permettre toute distractions sur le front libanais. De plus Damas craint l’ »axe naturel » avec Israël d’un côté, l’Irak central et la Turquie de l’autre, et la Jordanie, au centre, qui exercerait une pression sur la Syrie et la détacherait de la péninsule saoudienne. Pour la Syrie, ce pourrait être le prélude à la reconfiguration de la carte du Moyen-Orient, ce qui menacerait l’intégrité territoriale du pays [2] ».

Perle et le groupe d’étude « Nouvelle stratégie israélienne vers l’an 2000 » recommande également de mener les Syriens hors du Liban et de déstabiliser la Syrie en utilisant des personnalités de l’opposition libanaise. Le document dit : « [Israël doit détourner] l’attention de la Syrie en utilisant des éléments de l’opposition libanaise pour déstabiliser le contrôle exercé par la Syrie au Liban [3]. »C’est ce qui arriverait en 2005 après l’assassinat d’Hariri ayant contribué à déclencher la soi-disant « révolution des cèdres » et à créer l’Alliance du 14 mars, un groupe farouchement anti-Syrien contrôlé par le corrompu Saïd Hariri.

Le document demande par ailleurs à Tel-Aviv de « saisir l’opportunité afin de rappeler au monde la nature du régime syrien [4] ». Cela convient parfaitement à la stratégie israélienne consistant à diaboliser ses opposants par des campagnes de relations publiques. En 2009 des médias israéliens ont ouvertement admis que, par le biais de ses ambassades et missions diplomatiques, Tel-Aviv avait lancé une campagne médiatique mondiale et organisé des manifestations devant les ambassades iraniennes pour discréditer les élections présidentielles en Iran avant même qu’elles n’aient lieu [5].

L’étude fait aussi mention de ce qui ressemble à la situation actuelle en Syrie : « Il va de soi, et c’est le plus important, qu’Israël a intérêt à appuyer diplomatiquement, militairement et opérationnellement les actions de la Turquie et de la Jordanie contre la Syrie, comme en protégeant des alliances avec des tribus arabes à travers le territoire syrien et hostiles à l’élite dirigeante syrienne [6]. Les bouleversements de 2011 en Syrie, le mouvement des insurgés et la contrebande d’armes par les frontières jordanienne et turque sont devenus des problèmes majeurs pour Damas.

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant qu’Israël, alors dirigé par Ariel Sharon, ait dit à Washington d’attaquer la Syrie, la Libye et l’Iran après l’invasion étasunienne de l’Irak [7]. Finalement, il importe de savoir que le document de 1996 préconise également une guerre préemptive pour modeler l’environnement géostratégique d’Israël et sculpter le « nouveau Moyen-Orient » [8]. Il s’agit d’une politique que les États-Unis adopteraient aussi en 2001.

L’éradication des communautés chrétiennes du Moyen-Orient

Ce n’est pas une coïncidence si les chrétiens égyptiens ont été attaqués au même moment que le référendum sud-soudanais et avant la crise en Lybie. Ce n’est pas non plus une coïncidence si les chrétiens irakiens, une des communautés chrétiennes les plus anciennes, ont été poussées à l’exil, quittant leur patrie ancestrale. L’exode des chrétiens irakiens, sous le regard attentif des forces militaires étasuniennes et britanniques, concorde avec la division confessionnelle des quartiers de Bagdad. Les shiites et les sunnites ont été forcés, par la violence et les escadrons de la mort, à former des enclaves confessionnelles. Tout cela est lié au plan Yinon et à la reconfiguration de la région dans le cadre d’un objectif plus vaste.

En Iran, les Israéliens ont tenté en vain de faire partir la communauté juive. La population juive d’Iran est en fait la plus grande du Moyen-Orient et sans doute la plus ancienne communauté juive du monde à vivre paisiblement. Les juifs d’Iran se voient comme des Iraniens et sont liés à ce pays qu’ils considèrent comme leur patrie, au même titre que les musulmans et les chrétiens iraniens, et, à leurs yeux, le concept voulant qu’ils aient à se relocaliser en Israël parce qu’ils sont juifs est ridicule.

Au Liban, Israël s’est affairé à exacerber les tensions entre les diverses factions chrétiennes et musulmanes, incluant les druzes. Le Liban est un tremplin vers la Syrie et la division du Liban en plusieurs États est également vue comme un moyen de balkaniser la Syrie en plusieurs États arabes confessionnels de moindre envergure. Les objectifs du plan Yinon sont de diviser le Liban et la Syrie en plusieurs États sur la base des identités religieuses sunnite, shiite, druze et chrétiennes. Il est possible que l’exode des chrétiens de la Syrie fasse aussi partie des objectifs.

Le nouveau chef de l’Église maronite, la plus grande Église catholique orientale autonome, a exprimé ses craintes quant à l’expulsion des chrétiens arabes au Levant et au Moyen-Orient. Le patriarche d’Antioche, Mgr Bechara Boutros Rahi, ainsi que bon nombre de dirigeants chrétiens au Liban et en Syrie, craignent que les Frères musulmans prennent le contrôle de la Syrie. Comme en Irak, de mystérieux groupes attaquent actuellement les communautés chrétiennes en Syrie. Les dirigeants de l’Église orthodoxe, incluant le Patriarcat de Jérusalem, ont eux aussi exprimé publiquement leurs sérieuses préoccupations. Outre les arabes chrétiens, ces craintes sont partagées par les communautés assyrienne et arménienne, à majorité chrétienne.

Le cheik Rahi était récemment à Paris où il a rencontré Nicolas Sarkozy. On rapporte que le patriarche maronite et le président Sarkozy ont eu des désaccords concernant la Syrie, ce qui a incité Sarkozy à affirmer que le régime syrien allait s’effondrer. La position du patriarche maronite était que l’on devait laisser la Syrie tranquille et lui permettre de se réformer. Mgr Rahi a par ailleurs dit à Sarkozy qu’Israël devait être considéré comme une menace si la France souhaitait légitimement que le Hezbollah dépose les armes.

En raison de sa position en France, Mgr Rahi a immédiatement reçu des remerciements des dirigeants chrétiens et musulmans de la République arabe syrienne qui l’ont visité au Liban. Le Hezbollah et ses alliés politiques au Liban, dont font partie la plupart des parlementaires chrétiens, ont aussi célébré le patriarche maronite, qui a ensuite fait une tournée au sud du Liban.

En raison de sa position sur le Hezbollah et son refus d’appuyer le renversement du régime syrien, le cheik Rahi fait maintenant l’objet d’attaques politiques de la part de l’Alliance du 14 mars, menée par Hariri. Ce dernier est en train de planifier une conférence des personnalités chrétiennes pour s’opposer à la position de l’Église maronite et du patriarche Rahi. Depuis que celui-ci a donné son opinion, le Parti Tahrir, actif à la fois en Syrie et au Liban, a également commencé à en faire la cible de critiques. On rapporte par ailleurs que des officiels étasuniens de haut rang ont annulé leurs rencontres avec le patriarche maronite en signe de mécontentement envers ses positions sur le Hezbollah et la Syrie.

L’Alliance du 14 mars menée par Hariri au Liban, laquelle a toujours été une minorité populaire (même lorsqu’elle constituait une majorité parlementaire), travaille de concert avec les États-Unis, Israël, l’Arabie Saoudite, la Jordanie ainsi que le groupe ayant recours à la violence et au terrorisme en Syrie. Les Frères musulmans et d’autres soi-disant groupes salafistes de Syrie ont tenu et organisé des pourparlers secrets avec Hariri et les partis politiques chrétiens au sein de l’Alliance du 14 mars. C’est pourquoi Hariri et ses alliés se sont attaqués au cardinal Rahi. C’est aussi Hariri et l’Alliance du 14 mars qui ont amené Fatah al-Islam au Liban et ont aidé certains de ses membres à s’enfuir et aller se battre en Syrie.

Des snipers inconnus ciblent des civils syriens et l’armée syrienne dans le but de créer le chaos et une lutte interne. Les communautés chrétiennes en Syrie sont elles aussi ciblées par des groupes inconnus. Les attaquants sont fort probablement une coalition de forces étasuniennes, françaises, jordaniennes, israéliennes, turques, saoudiennes, et khaliji (arabe du Golfe) travaillant avec des Syriens à l’intérieur du pays.

Washington, Tel-Aviv et Bruxelles planifient un exode des chrétiens du Moyen-Orient. On rapporte que le président Sarkozy a informé le cheik Rahi à Paris que les communautés chrétiennes du Moyen-Orient et du Levant pourront s’établir dans l’Union européenne. Cela n’est pas offert gracieusement. Il s’agit d’une gifle par les puissances mêmes qui ont délibérément créé les conditions visant à éradiquer les anciennes communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Il semble que le but soit que les communautés chrétiennes s’établissent à l’extérieur de la région ou de délimiter des enclaves. Il est possible que ces deux hypothèses constituent des objectifs.

Ce projet vise à délimiter les pays arabes en pays exclusivement musulmans et est conforme à la fois au plan Yinon et aux objectifs étasuniens relatifs au contrôle de l’Eurasie. Il pourrait en résulter une grande guerre. Les Arabes chrétiens ont maintenant bien des choses en commun avec les Arabes qui sont des Noirs d’Afrique.

Nouvelle division de l’Afrique : le plan Yinon est en pleine marche

En ce qui concerne l’Afrique, Tel-Aviv cherche à la protéger car elle la voit comme une partie plus vaste de sa périphérie. Cette plus vaste ou soi-disant « nouvelle périphérie » est devenue le fondement géostratégique de Tel-Aviv après la révolution iranienne de 1979. Celle-ci a déformé et engendré l’effondrement de « l’ancienne périphérie » contre les Arabes, qui comprenait l’Iran, et dont les pays étaient les plus proches alliés d’Israël durant la période Pahlavi. Dans ce contexte, la nouvelle périphérie d’Israël a été conceptualisée en incluant des pays comme l’Éthiopie, l’Ouganda et le Kenya contre les États arabes et la République islamique d’Iran. C’est pourquoi Israël a été si profondément impliqué dans la balkanisation du Soudan.

Toujours dans le contexte des divisions confessionnelles au Moyen-Orient, les Israéliens ont esquissé des plans de reconfiguration de l’Afrique. Le plan Yinon cherche à délimiter l’Afrique sur la base de trois aspects : 1) l’origine ethnolinguistique, 2) la couleur de peau et enfin 3) la religion. Afin de protéger le domaine, il se trouve que l’Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS), une boîte de réflexion israélienne dont Perle faisait partie, faisait également pression en faveur de la création du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), une division du Pentagone.

On tente actuellement d’anéantir le point de convergence d’une identité arabe et africaine. On cherche à tracer des lignes de division en Afrique entre une soi-disant Afrique noire et une Afrique du Nord prétendument « non noire ». Cela fait partie d’un projet visant à créer un schisme sur le continent entre ce qu’on l’on conçoit comme étant des « Arabes » et des « Noirs ».

Cet objectif explique pourquoi on a fait la promotion des ridicules identités du « Sud-Soudan africain » et du « Nord-Soudan arabe ». C’est également la raison pour laquelle les Libyens noirs ont été ciblés dans une campagne visant à « nettoyer » la Libye des gens « de couleur ». En Afrique du Nord, on détache l’identité arabe de son identité africaine. On tente simultanément d’éradiquer de vastes populations d’Arabes noirs afin qu’il existe une nette démarcation entre « l’Afrique noire » et une nouvelle Afrique du Nord « non noire », laquelle sera transformée en un champ de bataille entre ceux qui restent, les Berbères et les Arabes « non noirs ».

Toujours dans le contexte africain et dans le but de créer des points de rupture et des délimitations, des tensions sont fomentées entre les musulmans et les chrétiens dans des pays comme le Soudan et le Nigéria. En entretenant ces divisions sur la base de la couleur de la peau, de la religion, de l’ethnicité et du langage, on cherche à alimenter la dissociation et la désunion. Cela fait partie d’une stratégie africaine globale visant à séparer l’Afrique du Nord du reste du continent.

Préparation de l’échiquier du « choc des civilisations »

À ce stade-ci, on doit rassembler toutes les pièces et faire les liens entre les événements.

On prépare l’échiquier pour un « choc des civilisations » et l’on y place toutes les pièces du jeu. Le monde arabe est sur le point d’être encerclé et de nettes démarcations se tracent. Celles-ci remplacent les frontières invisibles entre les différents groupes ethnolinguistiques, religieux et basés sur la couleur de la peau.

Dans le cadre de ce plan, il ne peut plus y avoir de mélange entre les sociétés et les pays. C’est pourquoi les chrétiens du Moyen-Orient et de l’Afrique de Nord, comme les coptes, sont ciblés. Pour les mêmes raisons, les Arabes et Berbères noirs, au même titre que d’autres populations noires, font face à un génocide en Afrique du Nord.

Après l’Irak et l’Égypte, la Jamahiriya arabe libyenne et la République arabe syrienne représentent toutes deux des points importants pour la déstabilisation régionale respectivement en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Est. Ce qui se passe en Libye aura des répercussions en Afrique, tout comme les événements en Syrie auront des conséquences en Asie du Sud-Est et ailleurs. Dans le cadre du plan Yinon, l’Irak et l’Égypte ont servi d’amorces à la déstabilisation de la Libye et de la Syrie.

On est en train de créer un « Moyen-Orient musulman », une zone exclusivement musulmane (excluant Israël), laquelle sera troublée par les luttes entre shiites et sunnites. Un scénario semblable est mis en œuvre pour créer une « Afrique du Nord non noire » qui sera caractérisée par une confrontation entre les dits Arabes et dits Berbères. En vertu du modèle du « choc des civilisations », on prévoit simultanément un conflit entre le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord d’un côté, et l’« Occident » et « l’Afrique noire » de l’autre.

C’est pour cette raison qu’au début du conflit en Libye, Nicolas Sarkozy en France et David Cameron en Grande-Bretagne ont déclaré l’un après l’autre que le multiculturalisme était mort dans leurs sociétés ouest-européennes respectives [9]. Le véritable multiculturalisme menace la légitimité du programme de guerre de l’OTAN. Il représente par ailleurs un obstacle à l’implantation du « choc des civilisations », qui constitue la pierre angulaire de la politique étrangère des États-Unis.

À cet égard, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la Sécurité nationale explique pourquoi le multiculturalisme est une menace pour Washington et ses alliés : « En devenant une société de plus en plus multiculturelle, il se peut que les États-Unis aient de la difficulté à créer un consensus sur les questions de politique étrangère [par exemple, relativement à une guerre contre le monde arabe, la Chine, l’Iran ou la Russie et l’ancienne Union soviétique], sauf si une grande partie de la population perçoit une menace extérieure directe de très grande envergure. Un tel consensus existait de manière générale tout au long de la Seconde Guerre mondiale et même durant la guerre froide [et il existe maintenant en raison de la « guerre mondiale au terrorisme »] [10]. » La phrase suivante de Brzezinski explique pourquoi les populations s’opposent aux guerres ou les appuient : « [Le consensus] était enraciné, toutefois, il ne l’était pas seulement dans des valeurs démocratiques profondément partagées et que le public voyait menacées, mais aussi dans des affinités culturelles et ethniques avec les victimes, principalement européennes, de totalitarismes hostiles [11] ».

Au risque d’être redondant, il faut mentionner une fois de plus que les chrétiens et les Noirs sont ciblés précisément dans le but de briser ces affinités culturelles entre, d’une part, la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et le monde soi-disant « occidental », et, d’autre part l’Afrique subsaharienne.

Ethnocentrisme et idéologie : justifier les « guerres justes » d’aujourd’hui

Autrefois, les puissances coloniales de l’Europe de l’Ouest endoctrinaient leurs peuples. Leur objectif était d’acquérir un appui populaire pour les guerres de conquête. Pour ce faire, on prônait l’expansion et la promotion du christianisme et des valeurs chrétiennes avec le soutien des marchands armés et des armées coloniales.

Au même moment, on mettait de l’avant des idéologies racistes. Les peuples des pays colonisés étaient dépeints comme des « sous-humains », des inférieurs ou des personnes sans âmes. Finalement, on a utilisé l’argument de « l’épreuve de l’homme blanc », dont la mission consistait à civiliser les peuples du monde prétendument « non civilisés ». Ce cadre idéologique cohésif a été utilisé pour présenter le colonialisme comme une « cause juste ». Cette dernière a été employée à son tour pour conférer une légitimité aux « guerres justes », afin de conquérir et de « civiliser » des terres étrangères.

Aujourd’hui, les desseins impérialistes des États-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne n’ont pas changé. Ce qui a changé c’est le prétexte et la justification des guerres de conquête néocoloniales. Durant la période coloniale, les discours et les justifications en faveur de la guerre étaient acceptés par l’opinion publique dans les pays colonisateurs comme la France et la Grande-Bretagne. Aujourd’hui, les « guerres justes » et les « causes justes » sont menées sous les bannières des droits des femmes, des droits humains, de l’humanitarisme et de la démocratie.

Article original en anglais : Preparing the Chessboard for the « Clash of Civilizations »: Divide, Conquer and Rule the « New Middle East »

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Notes

[1] Richard Perle et al., A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm (Washington, D.C. and Tel Aviv: Institute for Advanced Strategic and Political Studies), 1996.
[2] Ibid.
[3] Ibid.
[4] Ibid.
[5] Barak Ravid, « Israeli diplomats told to take offensive in PR war against Iran, » Haaretz, June 1, 2009.
[6] Perle et al., Clean Break, op. cit.
[7] Aluf Benn, « Sharon says U.S. should also disarm Iran, Libya and Syria, » Haaretz, September 30, 2009.
[8] Richard Perle et al., Clean Break, op. cit.
[9] Robert Marquand, « Why Europe is turning away from multiculturalism, » Christian Science Monitor, March 4, 2011.
[10] Zbigniew Brzezinski, The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives (New York: Basic Books October 1997), p.211.
[11] Ibid.

Mahdi Darius Nazemroaya est sociologue et chercheur associé au Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Il est spécialiste du Moyen-Orient et de l’Asie centrale. Il était sur le terrain en Libye durant la guerre. Il vient d’obtenir le Prix du Club de Presse mexicain à Mexico, le 8 décembre 2011.

Mahdi Darius Nazemroaya est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Mahdi Darius Nazemroaya publiés par Mondialisation.ca

le plan Yinon pour la sécurité d’Israël : déstabiliser Afrique et Moyen Orient

29/08/2012

le plan Yinon pour la sécurité d’Israël

Comment décoder les actualités qui secouent en même temps, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie, le Yémen, l’Egypte,…

 

La Démocratie comme arme de guerre ? Diviser ces pays pour imposer quoi ?

 

Certes il y a là une démographie galopante, et une jeunesse désœuvrée ; certes il y a des besoins alimentaires non satisfaits, et certainement d‘autres facteurs encore.

 

Mais la simultanéité des événements est bien étrange… Et si au-delà du court terme, il y avait autre chose…?

 

Il y a ceux qui ne lisent les événements que sur le court terme, et puis il y a ceux qui envisagent et tentent de construire l’avenir sur le long terme…

 

Sur plusieurs générations… C’est là toute la force d’une communauté unifiée !

 

Tentative d‘explication (les sources sont plutôt rares : « plan Yinon »)

 

Tiré (pour une partie) de la traduction d’ Israël Shahak

 

Oded Yinon (translated by Israël Shahak) Zionist Plan for the Middle East

 http://www.amazon.fr/Zionist-Plan-Middle-East-Yinon/dp/0937694568

 

 

  Roberto

 

 

 

« Les tensions et les violences qui secouent le Moyen-Orient depuis l’intervention israélienne au Liban, le 12 juillet 2006, ne sont que la partie visible d’un immense enjeu politique, économique, religieux et philosophique opposant l’Occident aux Etats islamiques de la région. L’occupation américaine de l’Irak en mars 2003 a permis le lancement d’un projet révolutionnaire en vue de remodeler une vaste zone géographique allant du Maroc au Pakistan : le Grand Moyen-Orient.

 

Derrière cette appellation, c’est une recomposition profonde qui attend ces pays musulmans. Beaucoup de théories et de supputations courent sur les ambitions des Etats-Unis et d’Israël au sujet de la politique poursuivie par leurs dirigeants. Cependant, des signes avant-coureurs apparaissent et permettent d’apercevoir concrètement les plans en cours. C’est tout l’enjeu des cartes ci-jointes appelant à recomposer le Moyen-Orient. »

 

 

 

http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1194

 

 

 

« Tous les Etats arabes à l’est d’Israël sont déchirés, brisés et criblé de conflits intérieurs, plus encore que ceux du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, la Mauritanie et le Sahara occidental). Tous les pays du Golfe sont « construit sur une maison délicate de sable dans lequel il n’y a que de l’huile. »

 

 

Du Maroc à l’Inde, la Somalie à la Turquie, la stabilité est absent, «point (ING) à …. une dégénérescence rapide dans toute la région » à être exploitée à l’avantage d’Israël. Tout au long de la dépravation du Moyen-Orient, dont la faim et le chômage touchent des millions, des problèmes potentiellement explosive des forces de sécurité ne peut contenir, donnant à Israël «les possibilités de grande envergure pour la première fois depuis 1967. »

 

 

 

 

Avant :

 

 

 

 

 

 

 

Après :

 

 

 

 

 

Cartes : tirées d’une publication militaire US datée de 2006, apelée aussi Carte de ralph Peters

 

 

 

http://www.aljazeerah.info/Opinion%20Editorials/2010/October/25%20o/Israel%27s%20Longstanding%20Middle%20East%20Plan%20By%20Stephen%20Lendman.htm

 

 

 

 

Le Grand Israel :  La Terre Promise 

 

L’Israël de Théodore Herzl (1904) et de Rabbi Fischmann (1947)

Dans son journal complet, vol. II. p. 711, Théodore Herzl, le fondateur du sionisme, dit que le domaine de l’État juif s’étend: «. depuis le torrent d’Egypte à l’Euphrate »

Rabbi Fischmann, membre de l’Agence juive pour la Palestine, a déclaré dans son témoignage devant le Comité spécial de l’ONU d’enquête le 9 Juillet 1947: « La terre promise s’étend de la rivière de l’Égypte jusqu’à l’Euphrate, il comprend des parties de la Syrie et le Liban. « 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Version originale traduite par Google (Pas terrible, peut mieux faire !) :

 

NB : si vous voulez une version traduite du plan Yinon, et de qualité, vous pouvez commander le livre de Serge Thion, « Le Terrorisme sioniste », aux éditions Akribeia, 2006, p. 62-82

 

http://www.akribeia.fr/product_info.php/products_id/299?osCsid=33f35385c8696a850165488173a2a08f

 

 

 

Le Plan d’Israël, au Moyen-Orient

Par Stephen Lendman

Al-Jazirah, CCUN, Octobre 25, 2010

En 1982, Ministère israélien des Affaires étrangères, conseiller principal Oded Yinon a publié un document révélant pour la conquête et de domination régionale. Toujours d’actualité, il est intitulé «Une stratégie pour Israël dans les années 1980, traduits, édités, et rebaptisée » Le plan sioniste pour le Moyen-Orient « par d’éminents Shahak professeur Israël (1933 – 2001), militante de longue date, analyste, et grand défenseur des israéliens .

Le plan sioniste pour le Moyen-Orient: Une stratégie pour Israël dans les années quatre-vingt dix-neuf Yinon Oded

Son éditeur, l’Association des arabo-américains diplômés universitaires a appelé « la déclaration la plus explicite, détaillée et sans ambiguïté à ce jour de la stratégie sioniste au Moyen-Orient …. …. Son importance ne réside pas dans sa valeur historique, mais dans le cauchemar qu’elle représente », ce qui par la suite continué à se dérouler.

Ses deux prémisses essentielles comprennent:

– Pour survivre, Israël doit dominer la région et devenir une puissance mondiale, et

– Réussir exige divisant les pays arabes dans les petits États – les balkanisatrice le long des lignes ethniques et sectaires que les satellites israéliens, satrapes contrôlables, l’idée s’inspire de Millet de l’Empire ottoman (ou de la nation) système en vertu duquel les autorités locales régies communautés confessionnelles séparées avec les identités ethniques.

Israël de 1967 la saisie du Golan et les invasions de 1978 et 1982 au Liban ont suivi le plan, Yinon notant que « les possibilités de grande envergure pour la première fois depuis 1967, (créé par l’) situation orageuse très surround (ing) Israël,« ressuscité chaque fois qu’Israël souhaite. Sa méthode consiste à belligérance préventive contre les Palestiniens et les Etats régionaux, ce qui les rend toutes les cibles éventuelles d’être affaiblie, fragmentée, divisée, et reconfiguré sous contrôle israélien.

En 1982, il s’agissait de diviser l’Irak en chiites, sunnites, et les régions kurdes, ce qui, en fait, se sont produites après 2003, Shahak en notant que:

« Le plan suit fidèlement les idées géopolitiques actuelles en Allemagne de 1890 -. 1933, qui ont été avalés par Hitler et le mouvement nazi, et déterminé leurs objectifs pour l’Europe orientale » Ils ont ensuite été mis en œuvre de 1939 – 1941 », et que (une alliance mondiale) a empêché leur consolidation pour une période de temps. »

Citant le « début d’une ère nouvelle », a déclaré Yinon «L’existence, la prospérité et la constance de (Israël) dépendent de (s) de sa capacité à adopter un nouveau cadre pour ses affaires intérieures et étrangères», basée sur la sécurisation de ses besoins matériels à travers les guerres et les divisions des ressources gagnable monde arabe.

« Tous les Etats arabes à l’est d’Israël sont déchirés, brisés et criblé de conflits intérieurs, plus encore que ceux du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, la Mauritanie et le Sahara occidental). Tous les pays du Golfe sont « construit sur une maison délicate de sable dans lequel il n’y a que de l’huile. » La Jordanie est en réalité la Palestine, Amman le même que Naplouse.

D’autres États musulmans sont similaires. La moitié de la population de l’Iran est parlant persan, le reste ethniquement turque. La Turquie est à moitié musulman sunnite, le reste chiite et les Kurdes alévis sunnites. Aujourd’hui, les divisions de l’Afghanistan sont plus claires, y compris les Pachtounes, les Tadjiks, les Hazaras, les Ouzbeks, les Turkmènes, et d’autres. Le Pakistan est également composé de Pendjabis, les Pachtounes, les Sindhis, Seraikis, Muhajir, Baloutches et les autres.

Du Maroc à l’Inde, la Somalie à la Turquie, la stabilité est absent, «point (ING) à …. une dégénérescence rapide dans toute la région » à être exploitée à l’avantage d’Israël. Tout au long de la dépravation du Moyen-Orient, dont la faim et le chômage touchent des millions, des problèmes potentiellement explosive des forces de sécurité ne peut contenir, donnant à Israël «les possibilités de grande envergure pour la première fois depuis 1967. »

L’erreur stratégique Guerre des Six Jours de ne parvenait pas à donner à la Jordanie aux Palestiniens, ce qui « neutraliser », aujourd’hui le problème en les supprimant. «Aujourd’hui, nous avons soudainement face à d’immenses possibilités pour transformer la situation à fond et nous devons le faire dans la prochaine décennie, sinon nous ne serons pas survivre en tant qu’État. »

Il a recommandé de grande envergure nationaux et étrangers changements politiques et économiques. Il a également appelé accord de paix d’Israël avec l’Egypte une erreur, a déclaré que son économie repose sur l’acquisition de ressources pétrolières, sans laquelle il pourrait être détruit, et a nommé deux façons de les obtenir:

– Directement par la rupture du traité, ou

– Reprendre le contrôle du Sinaï indirectement, de l’Égypte aucun obstacle militaire en raison de ses conflits internes.

En 1956, son mythe en tant que leader fort du monde arabe a été révélé, a réitéré en 1967. Son économie est aussi en crise, ce qui rend essentielle l’aide étrangère. objectif stratégique d’Israël est de l’affaiblir davantage en le divisant en zones géographiques distinctes. S’ils se réalisent, d’autres pays pourraient suivre, y compris la Libye et le Soudan.

« La vision d’un Etat chrétien copte en Haute-Egypte avec un certain nombre d’Etats faibles avec une puissance très localisés (et aucun centre) est la clé d’un développement historique qui n’a été que retardée par l’accord de paix mais qui semble inévitable à long terme .  »

division du Liban en cinq provinces est un précédent pour l’ensemble du monde arabe, y compris l’Egypte, l’Irak, l’Iran, la Syrie et la péninsule arabique. La Syrie se divisera en un Etat alaouite chiite côtière, une zone sunnite d’Alep, un autre à Damas, et les Druzes sera mis en place leur propre. Ce résultat va garantir la paix et la sécurité dans le long terme « , et ce but est déjà à notre portée aujourd’hui. »

Huile riche / interne est un Irak déchiré par la « garantie » cible israélienne, plus important que la Syrie. À court terme, c’est la plus grande menace d’Israël. Une guerre avec l’Iran le déchirer, conduire à sa chute, et peut-être un fragment Iran, en séparant son huile riche province de langue arabe du reste du pays. Confrontations ailleurs fera dissolutions plus loin.

En raison de pressions internes et externes, l’ensemble de la péninsule arabique est vulnérable, en particulier l’Arabie saoudite. Jordan ne soit pas menacée à long terme après la dissolution. « Il n’y a aucune chance pour que (il) va continuer d’exister dans sa structure actuelle depuis longtemps. » Ainsi, la politique d’Israël doit être le transfert du pouvoir jordanienne aux Palestiniens, accélérée par territoire occupé l’émigration, d’où «les Arabes en Jordanie et les juifs dans les régions ouest de la rivière. Règne la coexistence authentique et la paix sur la terre que lorsque les Arabes comprennent que sans domination juive entre la Jordanie et la mer, ils n’auront ni existence ni sécurité.  » La Jordanie est leur seule alternative, qui donne à Israël plus de terres nettoyés des Arabes.

Sinon, « nous cesserons d’exister au sein de frontières. Judée, la Samarie (la Cisjordanie et de Jérusalem) et la Galilée sont notre garantie unique pour l’existence nationale du pays …. rééquilibrage démographique, stratégique et économique est la plus haute et la plus centrale objectif aujourd’hui.  »

Changements qui transforment le monde juif faire d’Israël la seule option existentielle. «Notre existence est certaine. » Rien ne peut « nous retirer (soit) avec force ou par trahison (méthode de Sadate). »

Trois points importants sont soulignés:

Tout d’abord, l’armée israélienne seule ne peut pas occuper plus de territoire. La solution – la règle des «forces Haddad» ou «Village Associations,« contrôlables autorités locales, dissociés de leurs populations, les garnisons israéliennes position stratégique entre les Etats mini. Il sera possible dépend de maintien Arabes divisés.

Deuxièmement, le plan de Yinon a été publié à gagner sur la société israélienne, en particulier ses élites en mesure d’influencer les autres. Problèmes sur la sensibilisation aux Arabes sont minimes, étant donné leurs divisions et son incapacité à comprendre la société israélienne.

Ni l’Amérique est de préoccupation, ses médias pro-israélien assume « bonnes intentions » indépendamment de la politique, et le lobby israélien fait le reste. En conséquence, Israël opère librement « parce que le monde veut fermer les yeux. »

En 1985, le président israélien et leader du Parti travailliste Haïm Herzog a fait écho aux vues des extrémistes extrémiste comme Sharon et Netanyahou:

« Nous ne sommes certainement pas prêts à faire des partenaires des Palestiniens en aucune manière dans un pays qui est sacré pour notre peuple depuis des milliers d’années. Il ne peut y avoir des partenariats avec les juifs de cette terre», laissant de réinstallation (expulsion) la seule option , une politique favorable aujourd’hui, le même révisionniste leader Ze’ve Jabotinsky préconisait, notamment dans une lettre 1939, en disant:

« Il n’ya pas de choix: Les Arabes doivent faire de la place pour les Juifs en Eretz Israël, il était possible de transférer les peuples baltes, il est également possible de déplacer les Arabes palestiniens.. » La plupart a été réalisée en Israël en 1948, «Guerre d’Indépendance, » de nouveau dans la guerre de Six Jours en 1967. Par la suite il a continué, soutenu et financé par payeur d’Israël à Washington / partenaire dans le crime. En conséquence, les Palestiniens ont été eux-mêmes pour résister à plus de six décennies, leur courage et leur détermination non déclarée dans l’Ouest, mais le soutien global construit et donne de l’espoir.

Stephen Lendman vit à Chicago et peut être atteint à lendmanstephen@sbcglobal.net. Aussi, visitez son blogue à l’sjlendman.blogspot.com et d’écouter les discussions d’avant-garde avec des invités éminents à l’heure Progressive Radio Nouvelles sur les jeudis Progressive Radio Network à 10h, heure du Centre des États-Unis et les samedis et dimanches à midi. Tous les programmes sont archivés pour une écoute facile.

 

 

 

 

 

 

 

Version originale non traduite :

 

 

 

Israel’s Longstanding Middle East Plan

 

By Stephen Lendman
Al-Jazeerah, CCUN, October 25, 2010

In 1982, Israeli Ministry of Foreign Affairs senior advisor Oded Yinon published a revealing document for regional conquest and dominance. Still relevant today, it’s titled « A Strategy for Israel in the 1980s, translated, edited, and retitled « The Zionist Plan for the Middle East » by distinguished Professor Israel Shahak (1933 – 2001), longtime activist, analyst, and outspoken Israeli critic.

 

 

The Zionist Plan for the Middle East: A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties By Oded Yinon
Its publisher, the Association of Arab-American University Graduates called it « the most explicit, detailed and unambiguous statement to date of the Zionist strategy in the Middle East….Its importance….lies not in its historical value but in the nightmare which it represents, » what thereafter continued to unfold.

Its two essential premises include:

— to survive, Israel must dominate the region and become a world power, and

— succeeding requires dividing Arab nations into small states – Balkanizing them along ethnic and sectarian lines as Israeli satellites, controllable satraps, the idea modeled after the Ottoman Empire’s Millet (or nation) system under which local authorities governed confessional communities with separate ethnic identities.

Israel’s 1967 Golan seizure and 1978 and 1982 Lebanon invasions followed the plan, Yinon noting « far-reaching opportunities for the first time since 1967, (created by the) very stormy situation surround(ing) Israel, » resurrected whenever Israel wishes. Its method involves preemptive belligerence against Palestinians and regional states, making them all eventual targets to be weakened, fragmented, divided, and reconfigured under Israeli control.

In 1982, it included dividing Iraq into Shi’ite, Sunni, and Kurdish areas, what, in fact, unfolded after 2003, Shahak noting that:

« The plan follows faithfully the geopolitical ideas current in Germany of 1890 – 1933, which were swallowed whole by Hitler and the Nazi movement, and determined their aims for East Europe. » They were then implemented from 1939 – 1941, « and only (a global alliance) prevented their consolidation for a period of time. »

Citing the « early stages of a new epoch, » Yinon said « The existence, prosperity and steadfastness of (Israel) depend(s) upon its ability to adopt a new framework for its domestic and foreign affairs, » based on securing its material needs through winnable resource wars and Arab world divisions.

« All the Arab States east of Israel are torn apart, broken up and riddled with inner conflicts even more than those of the Maghreb » (Morocco, Algeria, Tunisia, Libya, Mauritania, and Western Sahara). All the Gulf states are « built upon a delicate house of sand in which there is only oil. » Jordan is in reality Palestine, Amman the same as Nablus.

Other Muslim states are similar. Half of Iran’s population is Persian speaking, the rest ethnically Turkish. Turkey is half Sunni Muslim, the rest Shi’ite Alawis and Sunni Kurds. Today, Afghanistan’s divisions are clearer, including Pashtuns, Tajiks, Hazaras, Uzbeks, Turkmen, and others. Pakistan also is comprised of Punjabis, Pashtuns, Sindhis, Seraikis, Muhajirs, Balochs and others.

From Morocco to India, Somalia to Turkey, stability is absent, « point(ing) to….a rapid degeneration in the entire region » to be exploited to Israel’s advantage. Throughout the Middle East, depravation, including hunger and unemployment affect millions, potentially explosive problems only security forces can contain, giving Israel « far-reaching opportunities for the first time since 1967. »

The Six Day War’s strategic error was failing to give Jordan to the Palestinians, thereby « neutralizing » today’s problem by removing them. « Today, we suddenly face immense opportunities for transforming the situation thoroughly and this we must do in the coming decade, otherwise we shall not survive as a state. »

He recommended far-reaching foreign and domestic political and economic changes. He also called Israel’s peace agreement with Egypt a mistake, said its economy depends on acquiring oil resources without which it could be destroyed, and named two ways to get them:

— directly by breaking the treaty; or

— regaining control of the Sinai indirectly, Egypt no military obstacle because of its internal conflicts.

In 1956, its myth as the Arab world’s strong leader was revealed, reiterated in 1967. Its economy is also in crisis, making foreign help essential. Israel’s strategic aim is to weaken it further by breaking it into distinct geographical regions. If accomplished, other countries may follow, including Libya and Sudan.

« The vision of a Christian Coptic State in Upper Egypt alongside a number of weak states with very localized power (and none centrally) is the key to a historical development which was only set back by the peace agreement but which seems inevitable in the long run. »

Lebanon’s division into five provinces is a precedent for the entire Arab world, including Egypt, Iraq, Iran, Syria, and the Arabian peninsula. Syria will divide into a Shi’ite Alawi coastal state, an Aleppo area Sunni one, another in Damascus, and the Druzes will set up their own. This outcome will guarantee peace and security in the long run, « and that aim is already within our reach today. »

Oil rich/internally torn Iraq is a « guaranteed » Israeli target, more important than Syria. In the short run, it’s  Israel’s greatest threat. A war with Iran will tear it apart, lead to its downfall, and perhaps fragment Iran, separating its oil rich Arab speaking province from the rest of the country. Confrontations elsewhere will cause further dissolutions.

Because of internal and external pressure, the entire Arabian peninsula is vulnerable, especially Saudi Arabia. Jordan won’t threaten in the long run after dissolution. « There is no chance that (it) will continue to exist in its present structure for a long time. » Thus, Israel’s policy should be transferring Jordanian power to Palestinians, hastened by Occupied Territory emigration, resulting in « Arabs to Jordan and the Jews to the areas west of the river. Genuine coexistence and peace will reign over the land only when Arabs understand that without Jewish rule between Jordan and the sea they will have neither existence nor security. » Jordan is their only alternative, giving Israel more land cleansed of Arabs.

Otherwise, « we shall cease to exist within any borders. Judea, Samaria (the West Bank and Jerusalem) and the Galilee are our sole guarantee for national existence….Rebalancing the country demographically, strategically and economically is the highest and most central aim today. »

Changes transforming world Jewry make Israel the only existential option. « Our existence is certain. » Nothing can « remove us (either) forcefully or by treachery (Sadat’s method). »

Three important points are stressed:

First, Israel’s military alone can’t occupy more territory. The solution – rule by « Haddad forces » or « Village Associations, » controllable local authorities, dissociated from their populations, Israeli garrisons strategically positioned between the mini states. Making it feasible depends on keeping Arabs divided.

Second, Yinon’s plan was published to win over Israeli society, especially its elites able to influence others. Problems about Arabs awareness are minimal, given their divisions and inability to understand Israeli society.

Neither is America of concern, its pro-Israeli media assumes « good intentions » regardless of policy, and the Israeli Lobby does the rest. As a result, Israel operates freely « because the world wants to close its eyes. »

In 1985, Israeli President and Labor Party leader Chaim Herzog echoed the views of hardline extremists like Sharon and Netanyahu:

« We are certainly not willing to make partners of the Palestinians in any way in a land that was holy to our people for thousands of years. There can be no partner with the Jews of this land, » leaving resettlement (expulsion) the only option, a favored policy today, the same one revisionist leader Ze’ve Jabotinsky advocated, including in a 1939 letter, saying:

« There is no choice: The Arabs must make room for the Jews in Eretz Israel. It it was possible to transfer the Baltic peoples, it is also possible to move the Palestinian Arabs. » Most was accomplished in Israel’s 1948 « War of Independence, » again in the 1967 Six Day War. Thereafter it continued, supported and funded by Israel’s Washington paymaster/partner in crime. As a result, Palestinians have been on their own resisting for over six decades, their courage and determination unreported in the West, but global support builds and offers hope.

Stephen Lendman lives in Chicago and can be reached at lendmanstephen@sbcglobal.net. Also visit his blog site at sjlendman.blogspot.com and listen to cutting-edge discussions with distinguished guests on the Progressive Radio News Hour on the Progressive Radio Network Thursdays at 10AM US Central time and Saturdays and Sundays at noon. All programs are archived for easy listening.

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