Les plus grosses IPO (et les plus gros ratages) du secteur de la high-tech

25/05/2012
Les plus grosses IPO (et les plus gros ratages) du secteur de la high-tech en images


Pets.com

Lancé en 1998, Pets.com pense avoir l’idée du siècle en proposant un site de commerce en ligne vendant des accessoires pour les animaux de compagnie. Estimant être bien placé sur un marché colossal, l’entreprise décide d’entrer en bourse en 2000.

En pleine bulle internet, les investisseurs s’arrachent les actions et l’entreprise parvient à lever 82 millions de dollars en une journée. L’argent récolté est bien vite brûlé, notamment en publicité. Ces dépenses dépassent même le chiffre d’affaires de la société.

Fin 2000, Pets.com ferme ses portes, étranglés par ses déficits. En moins d’une année, l’action est passée de 11 dollars à 19 cents… En 2008, nos confrères de CNet.com décernent au site le titre peu envié de plus grand désastre de l’Economie internet.

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Si Moh Missou ! Le marchand de bonbons de toutes sortes.

13/05/2012

Si Moh Missou ! Le marchand de bonbons de toutes sortes.

Bir-Djebah et ses hommes qui firent sa notoriété

(Chronique de Nourreddine Louhal )

Aujourd’hui que j’y médite, je ne puis me retenir d’aller chercher au fond de ma mémoire, la figure évocatrice de l’homme qui s’égosillait ainsi : «Kaoukaouite laouite, labonbon, chewingo ayaw zeriaa!» tout le long de son cheminement. C’est-à-dire du chemin Pasteur jusqu’à l’embouchure de l’ancien sanatorium de Birtraria, situé à l’orée du lieu-dit de Draa-Eddis d’El-Biar

 

Les murs des siècles de l’antique médina d’El-Djazaïr se gorgeaient de lumière lorsqu’au petit matin, l’astre faisait…«plein feux» sur Ma Casbah «mienne» où plutôt la «nôtre». Elle y flamboya ainsi de…«sous le soleil» jusqu’à scintiller tel ce joyau qu’il lui a valu le statut de la cité du Soleil. De la sorte, autant s’étirer de sa «hidoura» (toison de mouton) et bondir tel un diablotin hors de sa «ghorfa» (chambre) afin de savourer l’instant heureux d’une aurore bonheur en se frottant les yeux tout voilé de sommeil sur le «s’tah» (la terrasse).

 

Qui se souvient de Si Moh Missou ?


S’il est vrai qu’il garnissait à peine sa «qarouma» (tabouret) de son infime arrière-train, en revanche, sa «tabla» (l’étal) qu’il exploitait, tenait place le long de la façade latérale de la «douéra» (maison traditionnelle) de «dar» (maison) de la regrettée «khalti» (tante) Saliha, la mère des défunts Sid-Ali et Khaled Ifticène à la «houma» (le quartier) de Bir-Djebah. C’est qu’il était si menu l’homme, à telle enseigne qu’il donnait l’impression qu’il cessait d’être visible de sous sa chéchia rouge qu’il arborait fièrement, lui le…«macho» de l’époque. «Radjla?» Pas tout à fait un «dur» puisqu’il ne pesait pas lourd à l’intérieur de sa veste de bleu de Shanghai. Seulement, il dissuadait plus d’un garnement farceur à l’aide d’une bouille, où il n’y avait pas de place pour le sourire. Lui ? C’est Si Moh Missou ! Le marchand de bonbons de toutes sortes. Et, des sucreries et des gourmandises, il en avait à «en veux-tu, en voilà» qu’il prenait soin de mettre bien en vue à la vue des tout «p’tits ya ouled» qu’étaient mes aînés, histoire d’y saliver leurs babines. Si tant et de façon alléchante que j’ai encore souvenance de ces boules de chewing-gum «Globo», de ces carrés de caramel de couleur beige et marron, de ces bâtons de caramel «Zigomar» roulés dans du papier bleu ainsi que les bâtonnets de friandises tout autant affriolantes les uns que les autres. Mais, ce qu’ils préféraient par-dessus tout, ces grappes de chérubins, c’est le fameux bâtonnet de chocolat Tolbert qu’ils fourraient dans le cœur tendre d’un morceau de pain. En effet, et en ce temps d’insouciance, on n’a pas mieux comme ce coupe-faim.

 

«Aïn-Bir-Djebah» s’en souvient de ces confiseries

Alors, fauchées qu’elles étaient, les jeunes filles qui étaient de corvées d’eau à «aïn» (La fontaine) de Bir-Djebah, se risquaient de temps à autre à lui faire la conversation, histoire d’admirer l’achalandage d’un bouquet de saveurs qu’elles ne pouvaient se payer, ces petites sœurs de p’tits ya ouled. Mais, d’une part, ce n’était que justice lorsque un ballon finissait sa trajectoire sur la devanture ostentatoire, provoquant ainsi l’ire de Si Moh Missou.

 

«Kaoukaouite laouite, labonbon, chewingo ayaw zeriaa!»

«Passe, passe le temps» (1) mes oreilles s’habituèrent ensuite à un refrain «qui me colle encore au cœur et au corps» (2) : «Kaoukaouite laouite, labonbon, chewingo ayaw zeriaa!» (Cacahuète, lablalite, les bonbons, chewing-gum, voila de la zariaa) chantonnait un marchand de gâteries dont je n’ai malheureusement pas l’évocation de son nom. Mais, qu’à cela ne tienne, j’entendais en fin d’après-midi d’au jour le jour et tel un leitmotiv, le chant à tue-tête de l’homme vêtu d’une gandoura noire et d’un «chèche» (turban) doré. A y voir de près, l’homme qui était trapu portait à l’épaule un couffin d’où s’exhalent les senteurs de cacahuètes grillées ensachées, des bonbons à la menthe, des sachets de «lablabit», ces pois chiches bariolés de rouge, vert et blanc que l’on ne trouve plus de nos jours dans le commerce.

 

Comme un vent de liberté

Etait-ce le hasard où peut-être l’envie de s’enorgueillir d’une «houria» «la liberté» retrouvée, au lendemain de l’indépendance ? Quoi qu’il en soit, il y’avait foule, sinon une épaisse horde de bambins agglutinée autour des cornets de couleurs qui jaillissaient du couffin du marchand de bonbons, qui ne savait où donner de la tête. Aujourd’hui que j’y pense encore, je ne puis m’empêcher de remémorer l’image de l’homme chantant : «Kaoukaouite laouite, labonbon, chewingo ayaw zeriaa!» tout le long de son itinéraire, soit du chemin Pasteur jusqu’à l’estuaire de l’hôpital de Birtraria qui s’ouvre sur le lieu-dit de Draa-Eddis qui délimite le quartier de Climat-de-France d’avec El-Biar. Heureuse, heureuse enfance (3), où l’envie de se faire plaisir s’accompagnait en ce temps-là d’un refrain pour y inciter l’enfant à se désister de sa petite pièce de «douro» (cinq centimes). Aujourd’hui, force est d’admettre qu’il n’est plus besoin d’hommes chantants, puisque la «pub»…«chantante» est là pour y vanter les saveurs d’une masse de sucreries. Autres temps, autres mœurs.


(1) Titre emprunté à Georges Moustaki

(2) Tube de légende de Laurent Voulzy

(3) Roman de Léon Tolstoï

CSE