Holocauste Les listes IBM

29/09/2011

« Watson, un criminel en col blanc »

L’Express, -le 15/02/2001

 Selon Edwin Black, Thomas J. Watson, patron d’IBM pendant la Seconde Guerre mondiale, savait à quoi servaient ses machines, mais il était motivé par d’énormes gains

Comment avez-vous mené vos investigations?
Cette enquête ressemblait à une mission impossible et, au départ, j’étais loin de me douter de ce j’allais découvrir. Si l’information avait été centralisée et directement accessible, quelqu’un l’aurait sans doute découverte durant les soixante dernières années. Or, la masse des documents était tellement dispersée, disséminée entre plusieurs pays, entre plusieurs sources, en plusieurs langues, que le premier stade a consisté à tout rassembler pour mettre bout à bout des éléments disparates et leur donner un sens commun. IBM était mondiale avant l’heure, ses solutions étaient mondiales, sa comptabilité était mondiale; mon travail a donc été mondial. Au fil des investigations, le caractère macabre, atroce des révélations n’a cessé de m’étonner. Un exemple suffit: le recensement des juifs en Roumanie, en 1941, n’était pas piloté par la filiale allemande d’IBM, la Dehomag, mais directement par le siège de la compagnie, à New York! Comment ne pas être abasourdi par une telle révélation? J’ai donc dû créer une méthodologie précise, recruter des collaborateurs dans le monde entier, m’assurer les services de traducteurs fiables en 12 langues (serbe, russe, néerlandais, polonais, français, etc.), vérifier tous les faits de l’époque concernée dans les archives, regrouper les données par mots clefs, ce qui représente un ensemble de 20 000 documents originaux. Et, ce qui est fondamental, je n’ai retenu au final que les faits sur lesquels il existait un accord de toutes les sources. Je ne me suis autorisé aucune approximation.

Selon vous, quelle est la part qui revient directement à IBM dans la Shoah?
Sans IBM, l’Holocauste aurait eu lieu de toute façon. Mais, sans IBM, le nombre total des victimes du nazisme n’aurait jamais pu être atteint. De ce point de vue, la réputation qui a été faite à Watson, le PDG d’IBM au moment des faits, est un vrai scandale. On a vu en lui un visionnaire de l’entreprise moderne, alors que c’est un criminel en col blanc. J’ai demandé une bonne centaine de fois à IBM l’accès à ses archives. La réponse fut invariablement la même: «Nous ne savons pas où se trouvent les documents que vous réclamez.» Tout prouve qu’ils en savaient assez pour supposer que leur passé était inavouable, mais pas assez pour contredire mes arguments. IBM n’a jamais voulu coopérer avec moi. J’ai eu beau leur conseiller de ne pas devenir les complices de leur propre histoire, rien n’y a fait. En désespoir de cause, je leur ai fait dire: cherchez la vérité, ou la vérité viendra vous chercher.

Vous faites vous-même état d’une lettre par laquelle Watson rompt officiellement avec Hitler le 6 juin 1940. IBM peut vous répondre que la compagnie avait pris ses distances dès le début de la guerre…
Je me suis préparé à cette argumentation. De la même manière, je m’attends à ce qu’IBM soutienne que la Dehomag n’était pas sous son contrôle et que la compagnie ne s’estime en rien solidaire des agissements de cette mauvaise filiale. Mais je leur objecterai que Watson tenait à contrôler personnellement la Dehomag et qu’il se rendait personnellement deux ou trois fois par an à Berlin. Après 1939, Watson ne s’est jamais opposé à la construction des camps de concentration, ni à la déportation massive des populations juives, ni à leur extermination. Il a fermé les yeux et n’a jamais interrompu l’approvisionnement des nazis en cartes perforées IBM. Pire que tout: il a encaissé sans discontinuité, et avec un rare appât du gain, les bénéfices du crime contre l’humanité qui se déroulait devant lui. Il a organisé, amélioré, perfectionné les circuits financiers, pour récolter l’argent de l’Holocauste. Personne ne lui a jamais forcé la main: il est seul et entièrement responsable. Pendant toute la durée de la guerre, aussi difficile que ce soit à imaginer, la Dehomag envoyait chaque mois une facture à Dachau en échange de ses services! Une facture adressée à la Waffen SS! Or, durant la même période, Watson ne cesse de correspondre avec les responsables de la Dehomag pour faire main basse sur les bénéfices et les rapatrier aux Etats-Unis en contournant les réglementations protectionnistes nazies. En août 1945, un ancien employé d’IBM a récupéré une machine à calculer à Dachau et l’a transportée dans les bureaux d’IBM Allemagne afin qu’elle puisse servir à nouveau à d’autres tâches une fois la guerre finie! Comme si de rien n’était. Tous ces éléments accablants, et bien d’autres encore, se trouvent dans mon livre, avec les documents et les preuves afférents.

Craignez-vous des représailles?
Ce n’est pas aux dirigeants d’IBM de décider ce qu’ils vont faire. Moi, je me contente de dire ce qui est, ce qui fut. Le reste appartient aux survivants des camps de concentration, à leurs avocats, à tous ceux qui estiment devoir entamer des poursuites, et aux historiens. L’Histoire, la justice, exigent la vérité. A IBM de se justifier maintenant.

Parmi toutes vos révélations, une bonne partie concerne la France, où IBM disposait des activités de sa filiale, la CEC. Qu’en est-il vraiment du cas français?
Après la défaite de 1940, le système français se trouva si désorganisé que de nombreux juifs bénéficièrent du désordre. De surcroît, la France était tellement sous-équipée en matière de calcul que la logique concentrationnaire de la «solution finale» y fut plus inefficace que nulle part ailleurs. Faut-il féliciter la légendaire bureaucratie française d’avoir à ce point pris du retard en matière de statistiques? Toujours est-il que l’incapacité traditionnelle de l’administration n’explique pas tout. Loin s’en faut. Le sabotage organisé a également sa part dans le freinage de l’Holocauste. C’est grâce au courage d’un homme, le général Carmille, qui travaillait officiellement pour Vichy mais oeuvrait en sous-main pour la Résistance, que bon nombre de juifs eurent la vie sauve. Il a fait mine de recenser les juifs mais a tout fait pour rendre les statistiques pratiquement inexploitables. Sa désorganisation organisée, sa négligence bien pesée constituent un cas de sabotage des plus habiles. Cet homme, finalement torturé puis exécuté par les nazis, doit être considéré comme un héros, peut-être même comme une sorte de Wallenberg français.

La conclusion la plus choquante de votre livre est qu’IBM sort totalement indemne de la guerre…
Tous les cadres dirigeants d’IBM durant la période nazie ont été récompensés ou promus. Pour leur loyauté ou pour leur efficacité. Je ne blâmerai pas les cadres de l’époque, qui n’étaient pas informés et se sont contentés d’exécuter les ordres. Mais je répète que Watson et son entourage étaient parfaitement au courant de ce qu’ils faisaient.


L’ETOILE NORD AFRICAINE ‘’E.N.A’’

22/09/2011

L’ETOILE NORD AFRICAINE ‘’E.N.A’’ Made in Ghilizane’’

Abdelkader Hadj Ali el Amari, né en 1883, fut l’un des pionniers et des premiers militants de la cause nationale et ayant appartenu au mouvement ouvrier, militant de la S.F.I.C, (Section Française de l’Internationale Communiste à Paris. Celle-ci fut créé après la création en septembre 1924 de la section coloniale rattaché directement au KOMINTERM (16), à Paris Il attaqua politiquement l’émir Khaled petit fils de l’émir Abdelkader et à travers ce combat fustige la bourgeoisie algérienne. Mais avec le changement de la feuille de route de son parti, il aide l’émir Khaled à polariser son idée autour de la question algérienne, un mouvement populaire est né autour de ce dernier, et dont il fut le premier initiateur à demander l’autodétermination de l’Algérie dans une lettre adressé au président américain Wilson. Abdelkader Hadj Ali el Amari adhère selon son obédience au Parti communiste après le congrès de Tours (France) et dès 1920 il est devenu membre à l’union inter continentale avec Ho-Chi-Minh le leader du Vietnam et participe à la rédaction de son journal ‘’le parias’’, jusqu’en 1924, où il est candidat du PCF aux législatifs. Il est l’un des pionniers du mouvement ouvrier et militant de la S.F.I.C)
En 1925 Abdelkader Hadj Ali, était à l’initiative de l’enrôlement de Messali Hadj au PCF et ce, une fois que ce dernier ait accompli son service militaire. Il œuvra par la suite À la création de l’étoile nord-africaine en 1926 dont il était son président et Messali hadj le secrétaire général.

16) KOMINTERM : Abréviation russe la III° Internationale communiste, une association internationale rassemblant les travailleurs en vue d’une action visant à transformer la société. La Ire Internationale, ou Association internationale des travailleurs (AIT), fondée à Londres en 1864, disparut après 1876 du fait de l’opposition entre marxistes et anarchistes ; la IIe Internationale, fondée à Paris en 1889, adopta le 1er mai comme date de la fête socialiste internationale, resta fidèle à la social-démocratie et disparut en 1923. En sont issues : l’Internationale ouvrière socialiste (1923 – 1940), regroupant les partis qui avaient refusé d’adhérer à la troisième Internationale, puis l’Internationale socialiste, organisée en 1951. La troisième Internationale, ou Internationale communiste (IC), ou Kominterm, fondée à Moscou en 1919, rassembla autour de la Russie soviétique puis de l’URSS la plupart des partis communistes. Elle fut supprimée par Staline en 1943. La « IVe Internationale », d’obédience trotskiste, naquit en 1938.