L’Hypostase des Archontes

1. Manuscrits de Nag Hammadi – L’Hypostase des Archontes
1.1 Avant-propos
1.2 L’Hypostase des Archontes
1.3 Définitions
1.4 Notes


1. Manuscrits de Nag Hammadi – L’Hypostase des Archontes

1.1 Avant-propos

Ce texte fait partie des Manuscrits de la Bibliothèque de Nag Hammadi, écrit original en copte traduit par la Bibliothèque Copte de Nag Hammadi BCNH.

L’Hypostase des archontes est le quatrième traité du codex II de la Bibliothèque de Nag Hammadi. Il est précédé de L’Apocryphon de Jean, L’Évangile de Thomas et L’Évangile de Philippe, et est suivi de L’Écrit sans titre sur l’origine du monde et de l’Exégèse de l’âme. Ce texte est très bien conservé, avec quelques lacunes mineures. Il est rédigé en sahidique, un dialecte copte, mais l’original aurait été écrit en grec. Pour la date, il y a lieu de faire une distinction entre la première rédaction, qui a pu être rédigée dans la première moitié du deuxième siècle et la rédaction christianisée (deuxième rédaction) qui peut être datée de la deuxième moitié du IIe siècle.

Ce traité enseigne la vérité sur les puissances qui possèdent le pouvoir et qui ont autorité sur le monde. Ces récits sont souvent revisités, transformés et réinterprétés afin de leur donner de nouvelles valeurs. Cependant, certaines fois, le texte en question peut être simplement soumis à une exégèse audacieuse et non conventionnelle.

Ce texte montre plus un état d’esprit et les croyances de l’époque, il a une réelle valeur historique et linguistique, il faut beaucoup de sagesse d’esprit pour le lire sans vouloir déceler de quelconques vérités.

Les numéros en indice dans ce texte indique les pages du codex original. La traduction du copte inclut les numéros de ligne du codex, ce qui est fort désagréable pour la lecture de ce texte pas facile à lire, ils ont été volontairement omis ainsi que tout ajout de l’éditeur moderne, afin également de ne pas influencer l’intellect de chacun.

Les définitions des mots ci-dessous sont celles du Dictionnaire de l’Académie française, 8ème édition.

Archonte

Archonte nom masculin. Terminologie d’Antiquité grecque. Titre des principaux magistrats dans quelques républiques, et particulièrement à Athènes. Archontes décennaux. Les neuf archontes. Archontes annuels. Archonte éponyme.

Éponyme

Éponyme nom masculin. Terminologie d’Antiquité grecque. Celui des neuf archontes qui, à Athènes, donnait son nom à l’année. Il s’emploie aussi comme adjectif. Archonte éponyme. Il se disait aussi des Dieux, des héros, dont une ville, une tribu portait le nom. Les héros éponymes des dix tribus d’Athènes.

Éxégèse

Éxégèse nom féminin. Terminologie didactique. Explication, interprétation. Il se dit en parlant d’Explications grammaticales ou étymologiques sur le texte d’un ouvrage. L’exégèse du Code ou des arrêts, Le commentaire des textes législatifs ou de la jurisprudence. L’exégèse historique, L’interprétation des textes historiques. Il se dit particulièrement de l’Interprétation grammaticale et historique de la Bible. Exégèse de la Bible, ou biblique, ou simplement Exégèse.

Hypostase

Hypostase nom féminin. En termes de Théologie, il désigne chacune des trois personnes divines en tant que substantiellement distincte de chacune des deux autres. Il y a en Dieu trois hypostases et une seule nature. En termes de Médecine, il se dit du Sédiment des urines.

Eric – Infologisme.com

1.2 L’Hypostase des Archontes Début de page

86 De l’origine des puissances.

Sous l’inspiration du Père de la vérité, le grand apôtre nous a dit au sujet des puissances des ténèbres que « nous ne combattions pas contre des êtres de chair et [de sang], mais contre les puissances du mon[de] et les esprits du mal ».

Je t’ai envoyé ce (traité) à toi qui t’enquiers de l’ori[gine] des puissances.

Leur chef est aveugle. [En raison de son] pouvoir, de son ignorance [et de son] arrogance, il a dit, usant de son [pouvoir] : « Je suis Dieu, il n’en existe pas d’autre [en dehors de moi]. » Lorsqu’il a dit cela, il a péché contre [le tout].

Cette déclaration parvint à 87 l’incorruptibilité et voici que sortit de l’incorruptibilité une voix qui disait : « Tu te trompes, Samaël ! » – un nom qui signifie « Dieu des aveugles ».

Ses pensées devinrent aveugles. Il projeta son pouvoir qui résidait dans le blasphème qu’il avait proféré, et il le poursuivit jusqu’en bas, jusqu’au Chaos et à l’Abême sa mère, à l’instigation de Pistis-Sophia. Et elle installa les fils de Samaël, chacun selon son pouvoir, d’après le modèle des éons d’en-haut – car le manifesté est conçu à partir du caché.

L’incorruptibilité regarda en bas, vers les régions des eaux. Sa ressemblance apparut dans les eaux et les puissances des ténèbres la désirèrent. Mais elles ne purent saisir cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux à cause de leur faiblesse – les êtres psychiques, en effet, ne peuvent saisir le spirituel car ils sont d’en bas alors que celui-ci est d’en haut. – Si l’incorruptibilité a regardé en bas, vers les régions, c’est afin d’unir, selon la volonté du Père, le tout et la lumière.

Les archontes tinrent conseil et dirent : « Allons ! faisons un homme avec de la poussière du sol. » Ils modelèrent leur créa[ture] de sorte qu’elle est entièrement terrestre. Or le corps que possèdent les archontes est femelle, c’est un avo[rton] à l’aspect animal. – Ayant pris de la [poussière] du sol, ils modelèrent leur homme d’après leur corps et d’a[près la ressemblance] de Dieu qui [leur] était apparue dans les eaux.

Ils dirent : « [Allons !] saisissons cette ressemblance au moyen de notre modelage, faisons [en sorte] qu’elle voie sa co-ressem[blance……] 88 et que nous l’emprisonnions dans notre modelage. » – Ils dirent cela sans comprendre la puissance de Dieu du fait de leur impuissance.

Et l’Archonte souffla dans le visage de l’homme et celui-ci devint psychique, sur la terre pour longtemps. Mais ils ne purent pas le mettre debout en raison de leur impuissance.

Ils persévérèrent, tels des tourbillons, afin de capturer cette ressemblance qui leur était apparue dans les eaux, – mais sans savoir quel était son pouvoir. Tout cela cependant arriva par la volonté du Père du tout.

Après cela l’Esprit vit l’homme psychique (gisant) sur la terre. Et l’Esprit sortit de la terre adamantine, il descendit et habita en lui. Cet homme devint alors une âme vivante. Il lui donna le nom d’Adam parce qu’il avait été trouvé se mouvant sur la terre.

Une voix sortit de l’incorruptibilité au sujet de l’aide d’Adam.

Et les archontes rassemblèrent toutes les bêtes de la terre et tous les oiseaux du ciel, ils les amenèrent à Adam pour voir comment Adam les appellerait donna un nom à chacun des oiseaux et à tous les animaux.

Ils prirent alors Adam et le placèrent dans le paradis, pour qu’il [le] travaille et pour qu’il le garde.

Et les archontes lui donnèrent un ordre en disant : « De [tous] les arbres qui sont dans le paradis, tu mangeras, mais [de] l’arbre de la connaissance du bi[en] et du mal, n’en mange pas et [n’y touche pas] non plus, car le jour où vous [en] mangerez vous mourrez de mort. »

Ils [lui disent] cela sans comprendre ce qu’ils lui [ont dit]. Mais c’est par la volonté du Père 89 qu’ils ont dit cela de cette façon afin qu’il mange, – et qu’Adam les voie, étant devenu entièrement matériel.

Les archontes tinrent conseil les uns avec les autres, ils dirent : « Allons ! faisons tomber un sommeil sur Adam. » Et il s’endormit. Or le sommeil, c’est l’ignorance qu’ils ont amenée sur lui ; et il s’endormit. Ils séparèrent son côté semblable à une femme vivante et construisirent son côté en chair pour la remplacer. Adam devint alors entièrement psychique.

Et la femme spirituelle vint vers lui, elle parla avec lui, elle dit : « Lève-toi, Adam ! » Lorsqu’il la vit il dit : « Tu es celle qui m’a donné la vie ; on t’appellera la Mère des vivants.

Car elle est ma mère,
elle est la sage-femme,
et la femme,
et celle qui a enfanté. »

Alors les puissances s’approchèrent de leur Adam. Mais lorsqu’elles virent sa co-ressemblance parlant avec lui, elles furent saisies d’un grand trouble et la désirèrent. Elles se dirent les unes aux autres : « Allons ! jetons notre semence sur elle. » Elles la poursuivirent et (la femme) se moqua d’elles à cause de leur stupidité et de leur aveuglement et elle devint arbre à cause d’elles.

La femme spirituelle leur présenta son ombre qui lui ressemble et les puissances [la] souillèrent abominablement et souillèrent l’empreinte de sa voix afin de se condamner elles-mêmes dans leur créature et (dans) [sa] ressemblance.

Alors la femme spirituelle entra [dans] le serpent, l’instructeur, et il instruisit [la femme charnelle] en disant : « Que [vous] a-t-il [dit] ? « De tous les arbres qui sont dans [le para]dis tu mangeras, mais [de l’arbre] 90 de la connaissance du mal et du bien n’en mange pas ? » »

La femme charnelle dit : « Non seulement il a dit : « N’en mange pas », mais aussi « N’y touche pas, car le jour où vous en mangerez vous mourrez de mort ». »

Et le serpent, l’instructeur, dit : « Vous ne mourrez pas de mort. En effet il vous a dit cela parce qu’il est jaloux. Au contraire, vos yeux s’ouvriront et vous deviendrez semblables aux Dieux, connaissant le mal et le bien. » Et l’instructrice fut retirée du serpent et elle le laissa seul, n’étant plus que terrestre.

La femme charnelle prit de l’arbre, elle en mangea, et elle en donna à son mari en même temps qu’à elle et les psychiques mangèrent. Et leur malice s’ouvrit, elle qui provenait de leur ignorance, et ils comprirent qu’ils étaient nus du spirituel. Ils prirent des feuilles de figuier et s’en ceignirent les reins.

Alors le grand Archonte vint et dit : « Adam, où es-tu ? », car il ne savait pas ce qui était arrivé. Et Adam dit : « J’ai entendu ta Voix, j’ai eu peur car j’étais nu et je me suis caché. » L’Archonte dit : « Pourquoi t’es-tu caché, si ce n’est parce que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais ordonné « de lui seul ne mange pas » et que tu en as mangé. » Adam dit : « La Femme que tu m’as donnée m’en [a donné], j’ai mangé. »

Et le présomptueux [Arch]onte maudit la femme et la femme dit : « C’est [le serp]ent qui m’a trompée, j’ai mangé. »

[ils se tournèrent] vers le serpent, ils maudirent son ombre [de sorte qu’] il soit sans puissance, sans savoir qu’il (n’)était (que) [leur] créature. Depuis ce jour 91 le serpent fut sous la malédiction des puissances. Jusqu’à ce que vienne l’Homme parfait cette malédiction a pesé sur le serpent.

Ils se tournèrent vers leur Adam, le prirent et le jetèrent hors du paradis avec sa femme, car il n’y a pas de bénédiction auprès d’eux, puisqu’ils sont eux-mêmes sous la malédiction.

Ils jetèrent alors les hommes 8 dans de grandes tribulations et dans les soucis de l’existence, afin que leurs hommes soient accaparés par la vie matérielle et n’aient pas le loisir de s’attacher à l’Esprit saint.

Après cela, elle enfanta Caïn, leur fils ; et Caïn cultivait la terre. Ensuite il connut sa femme, elle conçut encore, elle enfanta Abel ; et Abel était berger de bétail.

Or Caïn présenta des fruits de son champ, alors qu’Abel présenta un sacrifice de ses agneaux. Dieu se pencha sur les offrandes d’Abel mais n’accepta pas les offrandes de Caïn. Et Caïn le charnel poursuivit Abel, son frère. Dieu dit alors à Caïn : « Où est Abel ton frère ? » Il répondit et dit : « Suis-je le gardien de mon frère ? » Dieu dit à Caïn : « Voici que la voix du sang de ton frère crie vers moi. Tu as péché par ta bouche, elle se tournera vers toi. Quiconque tuera Caïn déchaênera sept vengeances. Tu seras donc [soupirant] et tremblant sur la terre. »

Alors Adam [connut] sa co-ressemblance Ève. Elle conçut (et) elle enfanta [Seth] à Adam. Elle dit : « J’ai enfanté un [autre] homme, de Dieu, à la place [d’Abel]. » Ensuite Ève conçut, elle enfanta [Noréa] et dit : « Il m’a engendré [une vi]erge 92 comme aide pour les générations de la race des hommes. C’est la vierge que les Forces n’ont pas souillée. »

Les hommes commencèrent alors à se multiplier et à devenir beaux. Les archontes tinrent conseil les uns avec les autres et dirent : « Allons ! provoquons un déluge de nos propres mains et anéantissons toute chair, de l’homme jusqu’à l’animal. » Mais lorsque l’Archonte des Forces eut connaissance de leur délibération, il dit à Noé : « Fais-toi une arche d’un bois imputrescible et cache-toi en elle, toi, tes fils, les animaux et les oiseaux du ciel, du plus petit au plus grand, et dresse-la sur la montagne de Sir. »

Alors Oréa vint vers lui, désireuse de monter dans l’arche et il ne la laissa pas faire. Elle souffla sur l’arche, elle la brûla. De nouveau il construisit l’arche une seconde fois.

Les archontes vinrent à sa rencontre désireux de la tromper. Leur chef suprême lui dit : « Ta mère Ève est venue vers nous. » Mais Noréa se tourna vers eux et leur dit : « Vous êtes les archontes des ténèbres, vous êtes maudits. Vous n’avez pas connu ma mère. C’est votre co-ressemblance que vous avez connue. Car moi, ce n’est pas de vous que je suis issue, mais du monde céleste que je suis venue. »

L’Archonte arrogant fit appel à toute sa puissance et son visage devint semblable à un [……] noir. Il se montra audacieux envers elle et lui [dit] : « Il faut que tu nous serves [comme] ta mère Ève l’a fait, car on m’a donné […… »]

Alors Noréa fit appel à la puissance de […, elle] cria d’une voix forte [vers] le Saint, le Dieu du tout : 93 « Porte-moi secours contre les archontes de l’injustice et sauve-moi de leurs mains. »

Alors l’ange descendit des cieux et lui dit : « Pourquoi cries-tu vers Dieu ? Pourquoi te montres-tu audacieuse envers l’Esprit saint ? » Noréa dit : « Qui es-tu ? » – Les archontes de l’injustice s’étaient éloignés d’elle. Il dit : « Je suis Éléleth, la sagesse, le grand ange qui se tient debout en présence de l’Esprit saint. J’ai été envoyé pour m’entretenir avec toi et te délivrer de la main de ces êtres sans loi. Et je t’enseignerai ta racine. »

Cet ange, je ne pourrai pas dire sa puissance ; son apparence est comparable à l’or de choix et son habit comparable à la neige, mais ma bouche ne pourra supporter que je dise sa puissance et l’apparence de son visage.

Éléleth, le grand ange, me dit : « Moi – dit-il – je suis l’intelligence, je suis l’un des quatre luminaires qui se tiennent debout en présence du grand Esprit invisible.

« Penses-tu que ces archontes aient pouvoir contre toi ? Aucun d’entre eux n’aura pouvoir contre la racine de vérité – car c’est à cause d’elle que (l’Homme parfait) s’est manifesté dans les derniers temps – et ces puissances seront dominées. Et ces puissances ne pourront souiller ni toi ni cette génération-là, car votre demeure est dans l’incorruptibilité, là où habite l’Esprit virginal, lui qui est au-dessus des puissances du Chaos et de leur monde. »

Alors je dis : « Seigneur ! Instruis-moi du pou[voir de] ces puissances. [Comment] vinrent-elles à l’existence ? Et à partir de quelle ori[gine et] 94 de quelle matière ? Et qui les créa, elles et leur pouvoir ? »

Le grand ange Éléleth, l’intelligence, me dit : « Dans les éons illimités, où habite l’incorruptibilité, Sophia, celle qu’on nomme Pistis, voulut créer quelque chose seule, sans son conjoint, et son œuvre fut à la ressemblance du ciel.

Il y a un voile entre ce qui est en haut et les éons d’en bas. Et une ombre exista en dessous du voile. Et cette ombre devint matière. Et cette ombre fut jetée en un lieu, une région. Et ce qu’elle fit, fut une œuvre dans la matière, semblable à un avorton. Il reçut forme d’après l’ombre. Ce fut une bête arrogante, ressemblant à un lion. C’est un androgyne puisque j’ai dit précédemment qu’il était sorti de la matière.

Ouvrant les yeux, il vit une grande matière illimitée et devenant arrogant, il dit : « Je suis Dieu et il n’y en pas d’autre que moi. » Lorsqu’il dit cela, il pécha contre le tout. Alors une voix sortit d’en haut, de l’autorité suprême, qui disait : « Tu te trompes, Samaël ! ». – C’est le dieu des aveugles.

Et il dit : « S’il existe quelqu’un d’autre en face de moi, qu’il se montre à moi. » Et aussitôt Sophia, tendant le doigt, introduisit la lumière dans la matière. Et elle la poursuivit jusqu’en bas, aux régions du Chaos, puis se retira en haut dans sa lumière. De nouveau l’obscurité [……] la matière.

Comme il est andro[gyne], cet Archonte se fabriqua un grand éon, 95 une grandeur illimitée. puis pensa à se faire des fils. Et il se fit sept fils, androgynes comme leur père.

Et il dit à ses fils : « Je suis le Dieu du tout. » Et Zoé, la fille de Pistis Sophia, poussa un cri et lui dit : « Tu te trompes, Saklas ! » – le nom correspondant est celui de Ialtabaoth. – Elle souffla au visage de celui-ci et son souffle devint pour elle un ange de feu. Et cet ange attacha Ialtabaoth et le précipita dans le Tartare, au fond de l’Abême.

Alors, lorsque son fils Sabaoth vit le pouvoir de cet ange, il se repentit. Il blâma son père et sa mère la matière. Il la prit en aversion mais fit l’éloge de Sophia et de sa fille Zoé.

Et Sophia et Zoé l’enlevèrent et l’installèrent au dessus du septième ciel, au dessous du voile, entre le haut et le bas. Et on le nomma : « Dieu des Forces, Sabaoth », parce qu’il est au dessus des forces du Chaos puisque Sophia l’y a installé.

Alors, parce que cela était arrivé, il se fit un grand char de chérubins, à quatre faces, avec des anges nombreux, innombrables, pour le servir et des harpes et des cithares.

Et Sophia prit sa fille Zoé, pour l’asseoir à la droite de celui-ci, afin qu’elle l’instruise de ce qui existe [dans] l’ogdoade. Et l’ange [de la co]lère elle le plaça à sa gauche. [Depuis] ce jour on appela [sa droite] 96 vie, et la gauche fut le modèle de l’injustice, (modèle venu) de l’autorité suprême d’en haut ; – elles t’ont précédé.

Mais lorsque Ialdabaoth le vit, établi dans cette grande gloire et cette prééminence, il fut jaloux de lui. Et la jalousie fut une œuvre androgyne et telle fut l’origine de la jalousie. Et la jalousie engendra la mort ; puis la mort engendra ses fils et les installa chacun sur son ciel. Tous les cieux du Chaos furent emplis de leur nombre.

Or c’est conformément à la volonté du Père du tout, que tout cela fut produit sur le modèle de tout ce qui existe en haut, afin que le nombre du Chaos soit complet.

Voici que je t’ai instruit du modèle des archontes et de la matière en laquelle il fut engendré, et de leur père et de leur monde. »

Je dis alors : « Seigneur, suis-je moi aussi comptée dans leur matière ? »

« Toi, avec tes fils, tu es comptée dans le Père qui existe depuis le commencement. C’est d’en haut, de la lumière incorruptible que leurs âmes sont sorties. C’est pourquoi les puissances ne pourront pas s’approcher d’eux, à cause de l’Esprit de la vérité présent en eux. Car tous ceux qui ont connu cette voie sont immortels au milieu des hommes mortels. Mais cette semence ne se manifestera pas maintenant. Cependant, au bout de trois générations, elle se manifestera et elle rejettera loin d’eux le lien de l’erreur des Puissances. »

Je dis alors : « Seigneur, dans combien de temps ? » Il me dit : « Lorsque l’Homme véri[table mani]festera, au moyen d’une créature, [l’Esprit de la] vérité que le Père a envoyé, 97 [alors] c’est lui qui les instruira de [toute] chose et les oindra de l’huile de la vie éternelle qui lui a été donnée par la génération sans roi.

Alors ils rejetteront loin d’eux la pensée aveugle ; et ils piétineront la mort qui vient des puissances ; et ils monteront vers la lumière illimitée où habite cette semence.

Alors les puissances se dessaisiront de leurs temps (de domination) ; et leurs anges pleureront sur leur destruction ; et leurs démons se lamenteront sur leur mort.

Alors tous les fils de lumière connaêtront véritablement la vérité et leur racine, et le Père du tout et l’Esprit saint.

Ils diront tous, d’une seule voix : « Juste est la vérité du Père et le Fils règne sur le tout. » Et que soit proclamé par chacun pour les siècles des siècles : « Saint ! Saint ! Saint ! Amen ! » »

L’Hypostase des Archontes.

1.3 Définitions Début de page

Archontes de la Grèce Attique

Athènes, Athenae est la capitale de la Grèce est une ville de l’Attique. Selon son histoire mythologique, la ville d’Athènes aurait été fondée vers 1643 av. J.-C. par une colonie égyptienne que conduisait Cécrops. Toujours selon les légendes et les mythes de fondation, elle devint bientôt le centre de l’Attique, qui jusque-là était divisée en bourgades indépendantes : son nom vint de celui d’Athéna, à laquelle elle était consacrée. Les mythes et légendes lui donnent pour rois, après Cécrops I, Cranaüs, Amphictyon, Erichthonius, Pandion I, Erechthée, Cécrops Il, Pandion II, Egée, Thésée, Ménesthée, Démophoon, Oxynthès, Aphidas, Thymète, Mélanthe, Codrus, qui se dévoua an 1132 av. J.-C. A cette période monarchique succède la période aristocratique qui se subdivise en trois époques :

1 – Les archontes perpétuels, de 1132 à 754.
2 – Les archontes décennaux jusqu’en 684.
3 – Enfin les archontes annuels et le gouvernement tyrannique ou des Pisistratides (560-510).

Après la chute d’Hippias et avec les lois de Clisthène commence la période de la démocratie pure, qui va jusqu’à la réduction de la Grèce en province romaine, 146 av. J.-C. La puissance exécutive était partagée entre les 9 archontes : la nomination de ces magistrats et de tous les fonctionnaires importants, le droit de paix et de guerre, le pouvoir de faire les lois, appartenaient aux assemblées populaires; le droit de suffrage était universel; tout citoyen pouvait siéger à son tour comme juge. Les habitants étaient divisés en trois classes : citoyens, habitants non citoyens, mais libres; esclaves.

Dans la plupart des cités grecques, dont Athènes, les archontes (en grec ancien árkhontes, de árkhô, « commander, être le chef ») sont les titulaires des charges les plus élevées, qui avaient d’importantes fonctions judiciaires et politiques.

Les archontes et les magistrats secondaires

Les archontes étaient au nombre de neuf. Ce nombre vient de ce que cette magistrature est antérieure à la réforme de Clisthène qui divisa l’Attique en 10 tribus.

Pour corriger cette anomalie, on ajoutait aux archontes un secrétaire, ce qui portait le nombre total à un archonte par tribu. Ils étaient désignés par tirage au sort, selon la même méthode que celle employée pour les bouleutes.

Ils étaient en chage pour un an.

L’archonte éponyme, qui donnait son nom à l’année, s’occupait des affaires familiales, par exemple des conflits d’héritages, et aussi de l’organisation des grandes Dionysies.
L’archonte-roi assurait des fonctions religieuses et judiciaires. C’est un vestige de l’ancien sytème monarchique. Il s’occupe des sacrifices, des processions, organise les fêtes lénéennes. Il préside le tribunal de l’Aréopage (procès d’impiété et de meurtre).
Le polémarque à l’origine, comme son nom l’indique, il était le commandant en chef de l’armée mais il perd cette fonction après la réforme de Clisthène. Il instruisait les procès relatifs aux métèques et aux étrangers, et dirigeait les funérailles nationales des soldats morts à la guerre.
Les six thesmothètes étaient les gardiens des lois. Ils veillaient à leur application dans toutes les autres affaires et s’occupaient de les réviser et de les coordonner.
Le secrétaire faisait fonction de greffier et d’huissier.

Outre les archontes, la démocratie athénienne comptait beaucoup de magistrats secondaires, toujours réunis en collèges, et presque toujours par dix, à raison de un par tribu. Parmi ces magistrats, on peut mentionner :

Les 10 astynomes fonctionnaires de police et de voirie
Les 10 agoranomes inspecteurs des marchés
Les 10 sitophylakes commissaires aux grains
Les 10 métronomes chargés des mesures
Les pôlètes chargés des revenus publics et des métèques
Les practores percepteurs
Les apodectes les colacrètes, chargés de la garde et de la gestion des fonds publics
Les hellénotames qui percevaient les tributs des villes alliées
Etc.

Un texte d’Aristote sur les archontes

Les Neuf Archontes, Aristote – Constitution d’Athènes, 55

Ceux qu’on appelle les neuf archontes, on a expliqué de quelle façon ils étaient institués à l’origine. De nos jours, on tire au sort les six thesmothètes et leur secrétaire, ainsi que l’archonte, le roi, et le polémarque, à tour de rôle dans chaque tribu. Ils passent d’abord un examen dans le Conseil des cinq cents, sauf le secrétaire : celui-ci le passe seulement devant le tribunal, comme les autres magistrats ; car tous les magistrats, qu’ils soient tirés au sort ou élus, prennent leur fonction après avoir passé un examen. Les neuf archontes, de leur côté, passent d’abord un examen dans le Conseil et un autre au tribunal. Autrefois, quiconque avait été récusé par le Conseil ne pouvait entrer en fonction ; aujourd’hui, il existe un appel devant le tribunal, et celui-ci est souverain pour ce qui concerne l’examen.

Quand on procède à l’examen, on demande d’abord – « Qui est ton père et de quel dème est-il ? Qui est le père de ton père ? Qui est ta mère ? Qui est le père de ta mère et de quel dème est-il ? » Après cela, on cherche à savoir s’il participe à un culte d’Apollon Patrôos et de Zeus Kerkeios et où sont ces sanctuaires ; puis s’il a des tombeaux de famille et en quel lieu ; ensuite, on s’intéresse à ses parents : s’il les traite bien ; à ses impôts : s’il les paie ; à ses expéditions militaires : s’il en a fait. Après ces questions, on lui dit : « Cite tes témoins ». Quand les témoins ont été cités, on demande : « Est-ce quelqu’un veut porter une accusation contre cet homme ? » S’il y a un accusateur, après avoir donné la parole à l’accusation et à la défense, on procède à un vote, à main levée dans le Conseil, à bulletin secret dans le tribunal. Si personne ne veut porter d’accusation, on procède immédiatement au vote. Autrefois, un seul juge votait ; aujourd’hui, il faut que tous les juges votent sur le choix des archontes, afin que, si un individu malfaisant a écarté les accusateurs, il revienne aux juges de le récuser. Après avoir passé l’examen de cette façon, les archontes vont à pied à la pierre sur laquelle on place les parts des sacrifices et sur laquelle prêtent aussi serment les juges avant de donner leur verdict et les témoins qui présentent un témoignage. Après être montés sur la pierre, ils jurent d’assurer leur magistrature dans la justice et le respect des lois, de ne pas accepter de cadeaux dûs à leur fonction ou de consacrer une statue d’or avec ce qu’ils pourraient recevoir. Après avoir prêté serment, ils vont à pied de cet endroit à l’Acropole où ils prêtent à nouveau serment.

Après cela, ils entrent en fonction.

Archontes Judéo-chrétiens

Sophia

Ainsi, Sophia est prise d’égarement, elle s’éprend d’amour pour la matière vers laquelle elle descend et où elle s’enlise. Une autre version dit que Sophia, emportée par sa vanité, voulait ressembler à l’Entité suprême en engendrant seule sans sa contrepartie masculine. S’ensuit l’apparition d’un être difforme, Ialdabaôth, que Sophia cacha sous un voile qui formera le ciel, limite entre les mondes supérieurs et le monde matériel. Sous ce voile, Ialdabaôth ignorait tout de la Lumière, ne disposant en son sein que d’une étincelle céleste héritée de sa mère. Sophia fut exilée du monde supérieur après sa faute. Du fond de l’abîme Ialdabaôth engendra la matière, il est le Démiurge. Il s’unit à sa propre Ignorance pour engendrer les archontes correspondant aux zodiaques et aux planètes. Des archanges et anges leur sont associés. Le repentir de Sophia touche les puissances suprêmes qui la tirent de l’abîme et l’établissent aux abords inférieurs du monde de la Lumière, purgatoire où elle attendra d’être plus complètement relevée de sa déchéance. 1

L’homme

Parmi les éons, il y a l’Homme (primordial) ainsi que le Fils de l’Homme. C’est à partir de son reflet que le Démiurge et ses archontes décident de fabriquer l’homme, Adam. Le Père, grâce à ses anges déguisés en archontes, suggère au Démiurge d’insuffler son esprit, la Lumière dont il s’était emparé, à Adam. La Lumière est ainsi passée à l’humanité. De rage, les archontes emprisonnent Adam dans l’Éden, vu comme un lieu terrible. Les puissances d’en-haut cachèrent la Gnose et la Vie dans le fruit défendu, et envoyèrent un Sauveur sous la forme du serpent pour inciter Adam et Ève à s’emparer de ces secrets. 2

Les archontes installent en Adam un second esprit, le contrefacteur, qui va sans cesse combattre les mouvements de l’esprit tiré vers le haut. Le premier couple est expulsé de l’Éden par le Démiurge, furieux. Il souille Ève de sa lubricité, ce qui explique la génération d’Abel et Caïn. La vraie postérité d’Adam ne commence qu’avec Seth, dont seule la descendance, les parfaits, est promise au salut. Le Démiurge envoie le Déluge pour anéantir les parfaits, mais Noé s’abrite avec les siens dans l’Arche et au final c’est la race née de l’union des anges du Démiurge et des filles de la terre qui est anéantie. 2

Les archontes sont liés à la voûte céleste, au mouvement des planètes. Chaque partie de l’homme, physique ou psychique, appartient souverainement à la puissance de la voûte céleste qui l’a façonnée. Dans ce corps assemblé descend une âme qui, traversant l’un après l’autre chacun des cieux des planètes, y reçoit, en fonction du moment de ce passage, telle ou telle disposition par laquelle l’individu restera soumis aux astres. Enfin, les puissances insinuent dans le fœtus l’esprit contrefacteur destiné à contrarier les pulsions éventuelles de l’homme vers le salut. 2

Le mélange de tous ces facteurs entraîne des degrés de perfections fort différents qui expliquent les 3 grandes catégorisations de l’humanité (pneumatique, psychique ou hylique). 2

Le principe féminin a un rôle important dans les éons, des figures féminines vont jouer des rôles prophétiques, les gnostiques ne semblent donc pas considérer la femme comme inférieure à l’homme. Mais le retour de l’élément féminin à sa contrepartie masculine reste une condition indispensable à l’accès à la perfection céleste, et Sophia est responsable de l’erreur qui a conduit la chute vers la matière. Les sectes qui s’inspirent plus ou moins de la révélation chrétienne accorderont à la figure de Marie-Madeleine une place au moins aussi importante qu’aux apôtres. 2

1.4 Notes Début de page

[ ] correction ou restitution par l’éditeur moderne
{ } suppression par l’éditeur moderne
( ) ajout par l’éditeur moderne
# # suppression par le scribe
/ / ajout par le scribe
† † passage corrompu

1 Jean Doresse, La Gnose, origines des sectes gnostiques dans Histoire des Religions, Tome2, La Pléïade, 1972, p.385-389

2 Jean Doresse, La Gnose, origines des sectes gnostiques dans Histoire des Religions, Tome2, La Pléïade, 1972, p.389-393

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Auteur
Eric
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